05 novembre 2009

Nouvelle sur le thème de l'infidélité.

Le réveil me cogne sur les oreilles, trop tôt. Je lance ma paluche en grommelant pour l’éteindre. Sensation de vide de manque. Gwladys n’est pas là. Juste un bout de papier. Merde !

Je jacte la couverture, et ramasse le bout de carton, fébrile, que je plie dans ma nervosité.

 

«  Je t’ai préparé ton petit déjeuner mon chéri. Passe une bonne journée ! Je t’aime ! »

 

Putain. J’ai eu le trouillomètre à zéro. Je me laisse retomber sur le lit, les oreilles toujours frappées par le ronron du réveil. Je donne un coup de patte pour l’éteindre, je vire du pieu, vais pisser, enfile un froc et je suis l’odeur de café jusqu’à la cuisine.

Elle est vraiment adorable, cette petite. Je trempe ma tartine dans le café en ruminant. Quel con ! Je termine, fourre le sale dans l’évier en promettant (haha) de faire la vaisselle un jour, et je fonce au turbin.

Je mouline sec sur le vélo pour pas être à la bourre. Pas la peine, finalement, le camion est pas encore arrivé.

Je pose la machine à roues à côté du casier, et je sors fumer une clope et jacter avec les collègues. Ca tourne autour du boulot. Normal, pour des facteurs.

Le camion arrive. J’aplatis la clope sous mes écrase merdes et je vais bosser. Bon, ça va, il dégueule pas, aujourd’hui, le pépère. Poignée de mains au conducteur. Brave type.

Tout le monde trie, presque sans bruit. Je rumine dans les boyaux de ma tête. Fin du tri, je décase, et j’attaque le découpage sur ma position. Découpage… Il m’a toujours fait marré, ce mot, tiens, « découpage », comme si tu tranchais en morceau ta tournée, ton patelin, les gens… Comme si tout le monde était juste tout seul, un petit bout de machin isolé, perdu, sans lien avec le reste. Conneries. Si tel était le cas, on servirait à quoi, à part à rappeler aux gens leur solitude ?

Machinalement, j’ai les pognes qui trient, mécaniquement. Les yeux lisent. Les adresses, c’est des codes-barres. Mécaniquement. Ca avance.

La main se fige, d’un coup. Les yeux ont lu quelque chose, et le cerveau a percuté direct : c’est elle. J’ai le cœur qui s’emballe, bat, vibre. Je continue mon tri. Mécaniquement.

Fin du découpage (haha.) Je décase mon courrier, je range, je fourre tout dans des caisses, direction le garage, où je nourris ma caisse. Je jette un regard torve à la pub. Demain.

Clé dans le contact, le moteur crache, zou, je fonce. Le courrier à portée d’yeux et des mains, je distribue courrier et sourires. Oui, merci, je vais bien, madame Herblain. Non, monsieur Guerci, pas de blanc aujourd’hui, je vous remercie. Bonjour, mademoiselle Gyre.

 

« Salut beau mec. »

 

Je suis planté comme un con avec mes trois lettres à la main. Cécile me regarde, m’avale des yeux, me croque tout cru d’un seul et magnifique embrasement du regard. Je ne réponds pas. Ca fricote dans les boyaux du crâne, ça tourne, ça vire, ça frotte, et ça fait monter la sève dans le corps. J’ai des bras de plombs et une boule au ventre.

 

« Tu prends un petit café ? »

 

Sourire charmeur. Je hausse les lèvres en retour. Tentative de sourire. J’acquiesce doucement, « oui », en entrant dans la maison.

 

~

 

J’entre, je reprends en main mon corps. Giclée d’adrénaline. Giclée d’hormones. Ca gonfle, là-dessous. Je suis Cécile dans le salon, les tasses sont déjà là. Elle m’invite à m’asseoir, ce que je fais. Elle revient avec une cafetière, me sert, pose la cafetière sur la table, croise et décroise sans cesse ses longues jambes. Sympa, la minijupe. Putain. Pas de dialogue, rien. Des sourires, mutins, hésitants. Elle me regarde, toujours, de ce regard puissant, embrasé, dans lequel je me noie. Je reste un peu nerveux. Toujours nerveux. Elle décroise encore les jambes. J’aperçois sa culotte. Flash. J’imagine Gwladys, riant aux éclats, main dans ma pogne, sous le soleil. Merde.

Cécile a dû le sentir. Elle se lève, lentement, délibérément. Je mange son corps du regard, noué d’anticipation et d’angoisse. Puis elle s’approche, me plaque au canapé, m’enfourche et m’embrasse, violemment, fourrant sa langue joueuse au fond de mes muqueuse, fais trois tours, me sonde du regard, puis replonge dans mes lèvres.

Explosion de sensations. Je ne me contrôle plus.

Je la saisis sous les jambes, et me lève, brusquement, renversant le pouf posé à mes pieds. Elle crie, et ça m’excite, putain, j’ai une érection trop grosse pour moi. Je plonge la tête entre ses seins, chauds, couverts par son haut, et elle se cramponne à ma tête, se serre, se presse, m’attise, alors que je suis machinalement le chemin de la chambre.

C’est violent, bestial, animal. Je la balance sur le lit, elle rebondit, une fois, et je suis sur elle. Je l’embrasse à pleine bouche, je lèche, je lape, mes mains explorent, fouillent, se baladent, touchent, palpent, tâtent. Elle fait de même. J’ai une barre de fer dans le pantalon, rempli à craquer. J’arrache ma chemise, mon tee-shirt, pendant qu’elle déboucle ma ceinture.

Nous haletons, tous les deux, les cœurs cognent, excités, au diapason, les phéromones fluent dans l’air, vivaces, prégnantes, elles nous imbibent, nous lancent. Je suis en caleçon, et gémit lorsque sa main masse mon vît. Putain que c’est bon ! Fébrile, je la redresse alors qu’elle me palpe et m’embrasse le torse, j’enlève son haut, mon cœur manque un battement à la vue du soutien-gorge, que j’enlève d’une pichenette. Je prends ses seins dans ma main, comme une offrande, tandis qu’elle continue à me caresser l’en-bas. Je fourre ma tête dans son 95C, je lèche, je titille, je m’abreuve à ces deux mamelles pleines, entières, tellement désirables…

Je la sens, soudain, qui descend, embrasse mon torse, mon ventre, mon… Explosion de sensations. Ca pulse, ça vibre, elle m’avale, me goûte, me teste, et je gémis, survolté, électrifié. Mon caleçon tombe vite. Je n’en peux plus. Je lui relève la tête, l’embrasse. Elle sourit doucement, s’allonge, s’offre à mon regard. Elle joue, avec moi, elle se montre, se cache des mains, ôte lentement le bas… Je me jette sur elle, pour la dévorer, pour lécher, pour embrasser ces lèvres humides au goût subtil, je lèche, lape, suce, explore de ma langue, elle se tortille, me caresse le crâne…

Un gémissement. « Viens… »

Je me redresse, elle m’empoigne à nouveau me guide, et je la prends, sauvagement, violemment, elle crie, se tortille, hurle, me griffe, gémit glisse, bouge, le lit tremble, nous voltons tous les deux, imbriqués, une seule bête, ahanante, suante, remuante. Je perds le sens du temps, je me perds en elle, purement physique, purement centré, concentré, surcentré sur le moment présent, le moment que je vis, mon vît… Un gémissement, encore…

J’explose à nouveau, je jouis intensément, puissamment, je me déverse en elle, elle se cambre, se plaque à moi, me plaque au lit, m’embrasse, me parcours, me caresse. Puis, lentement, elle glisse sur le côté, rouge, le souffle court. Retombée des sens. Elle sourit, me tortille les cheveux. Nous ne disons toujours rien. Elle sait combien j’ai aimé. Je devine qu’elle aussi a apprécié. Je plaque un sourire sur mon visage.

Je pense. Les pensées se sont rallumées, le bouillon du cerveau est en ébullition, à nouveau. La sueur se fige sur mon cœur. Je me glace. Les boyaux à pensées turbinent à Gwladys. Putain. Mais quel con !

 

Je regarde Cécile, je la détaille, la lit. Elle est superbe. Magnifique. Et moi, je suis là, glacé, à me traiter de con, alors que mon sperme se fige sur son ventre, et que mes sentiments se mêlent en une boule de vrac qui pulse et qui blesse.

 

« Je dois y aller. » Je me redresse et m’habille, silencieusement. Elle me regarde en souriant. Elle ne dit rien, vêtue de sa seule nudité, belle, tellement désirable…

Mais je n’éprouve rien. Juste des sensations physiques, la vibration de la chair, la pulsation de ma bite, l’ordre clair de mon cerveau, de ma queue, « BAISE ! »

Et j’ai baisé. Encore. Comme un con. J’ai encore écouté que ma queue.

Et dire que je suis amoureux… Que j’ai autre chose qui bat et qui vibre, mon cœur, cette espèce de muscle atrophié qui a de temps en temps un sursaut de vitalité quand je suis avec Gwladys.

On dit que la chair est faible. C’est faux. Elle est forte, très forte, et le cœur se comprime, se ramasse, ne pulse plus que du sang et garde pour lui les sentiments. Ils se figent, tous seuls, enclastrés, ne s’expriment plus qu’avec timidité. Mon pauvre Amour n’est rien comparé à la pulsation tectonique de mon appétence sexuelle.

Et pourtant Dieu sait que ma Gwladys m’attire ! Et c’est là, dans le moment de faute, après la tromperie, quand la bite se rétracte et que la jute se refroidit que l’Amour revient, moins timide, chaud, brûlant, caustique, critique, tellement avilissant, paradoxalement, il me torpille, m’accuse, me renvoie mon image de salaud, de faible, de lâche…

 

Cécile me regarde, la main nonchalamment posée sur son corps. J’ai un sursaut et je me reprends à bander, coupable, en la regardant, ouverte, chaude, accueillante, prête à être encore sautée. Elle sait le remords qui me ronge, les tourments qui m’enlacent et me percent, et elle en joue, elle en jouit, elle jouit de me savoir coupable, sale, elle jouit de ma déchéance autant que de mon corps, de son ascendant sur moi, sur mon corps et in extenso sur mon âme. Elle baise mon corps et viole mon cœur.

Mes sentiments se retirent à nouveau, affligés, désespérés. Je retourne vers Cécile et m’agenouille pour lui lécher la vulve.

 

Ce soir, je rentrerai chez moi, chez nous, chez Gwladys. Je lui dirai que je l’aime. Que j’ai passé une journée ordinaire, calme, que je suis allé courir après le boulot. Je lui ferai l’amour. Et j’aurai dans la tête l’image de Cécile. Mes sentiments s’écorchent. Je me promettrai de ne plus recommencer. D’être fidèle. De croire, de faire vivre, fructifier, prospérer ce sentiment d’amour que je ressens, de plus en plus faible, mais si vital, si unique, si vivant, brillant… Ce sentiment dont j’ai besoin…

 

Mais je sais que je retournerai voir Cécile. Elle tient ma queue en laisse et muselle mon âme. La chair est forte. Elle m’a vaincu, a noué mon cœur, qui crie de moins en moins fort contre mes côtes. Je me vide, n’éprouve plus que de moins en moins. Je ne me sens vivant qu’en baisant. Cécile. Elle le sait.

Et je sais que je ne l’aurai pour moi que tant que je serai avec Gwladys. Cette chienne ne prend son pied que dans la tromperie. Si je quitte Gwladys, je perds Cécile. Je le sais.

Et je n’ai plus le choix que de vivre dans cette parodie de vie, cette tromperie, dominée par ma chair, rejeté par mon cœur… Je n’ai pas le choix…

~

Et ben, ça a viré au sexe sans que je m'en rende compte! Ce sont vraiment les histoire qui nous façonnent... Je suis plutôt sceptique sur mon écrit, il me semble un peu bancal, trop et pas assez poussé, décrit, trop changeant et trop statique, tout en paradoxes, bizarrement...

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Posté par Grinder à 22:14 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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