Le Blog du Grigri

13 septembre 2010

J'ai conduit...

Ouaip, une p'tite liste qui me trottait dans la tronche depuis quelques temps.

Alors j'ai conduit:

- Voitures:

*Renault Clio (multiples versions de la CLio II, de la voiture de l'auto-école à celle d'une ex et à celle de la poste. Motorisations essence 1,2 et dCi 60)

*Seat Cordoba (1999, 1,9 TDI 90ch)

*Renault Kangoo (multiples versions là-aussi, de la toute dernières à la génération précédente, restylages inclus. Moteurs 1,9 dCi 60 ou 65 pour la plupart.)

*Renault Traffic (cylindrée inconnue, probablement 1,9 dCi, 110ch.)

*Peugeot 306 (1,9 D Turbo, 92ch)

*Peugeot 106 (essence, probablement 1,4 ou 1,6 pour une puissance supposée d'environ 70ch)

*Peugeot 205 (essence, 50ch, donc moteur 1,1, je pense.)

*Peugeot 207 (voiture d'auto-école, essayée moins d'un quart d'heure.)

*Renault Twingo (moteur inconnu. Première version.)

*Renault Modus (moteur inconnu également.)

*Ford Fiesta (première génération, moteur 1,1, une cinquantaine de chevaux)

*Golf II (toute trafiquée, essence, probablement 1,6 pour une puissance aux alentours de 80ch)

*Rover 214Si (cylindrée inconnue, probablement une centaine de chevaux.)

*Mégane coupée 1,6 16V (110ch, essence. Première génération.)

*Fiat Fiorino (Moteur Multijet, 1,3 70 ou 75ch. Estimations.)

* Ford Fiesta (2004, 1,4 Tdci, 68ch)

*Toyota Hilux X-tra Cab (1993, 2,4D, environ 110ch)

*Citroën Berlingo (plusieurs versions, 2000 et 2004, moteurs diésel d'une soixantaine de chevaux.)

*Fiat Panda (première génération, 750 fire. Cylindrée et puissance inconnues.)

*Seat Leon Cupra (2,0 TFSI, 240ch. 2006 ou 2007.)

*Seat Ibiza (1,9 TDi, 110ch, 2005, probablement.)

*Renault Mégane (voiture d'auto-école, motorisation inconnue)


- Motos:

*Yamaha FZ6 Fazer (600cc, 72ch, et la même en version 106ch)

*Suzuki GN 1987 (10ch, 125cc)

*Suzuki 650 SV (S et N), 2001, 72ch

*Yamaha XJ6 Diversion, 600cc, 72ch, 2009

*Honda CB1000R, 106ch (135 full), 1000cc, 2009

*Kawasaki ER-6F, 2009, 650cc, 73ch

*Yamaha 600 Fazer, 1999, 600cc, 106ch


Et voilà un bon gros post inutile :)
Remis à jour de temps en temps selon les évolutions!

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29 juillet 2010

Toujours vivant

Ah, oui.
Je suis toujours vivant.
Et tout va bien

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20 janvier 2010

Creux.

Ca picote un peu, en fait, tu vois ? Ca se passe par vagues, en fait, c’est bizarre, mais c’est comme ça. Au début, tu te dis, c’est bon, c’est moi qui ai fait le truc, ça va aller, j’irai mieux.

Et tu vas mieux, j’te jure ! M’enfin, tout dépend de comment ça s’était passé avant, si t’étais investi ou pas, si l’autre l’était, ça dépend de ton mental, aussi… Bon, pour moi, en tout cas, ça allait mieux.

Mais ça a pas duré longtemps, putain ! Quoi, deux-trois mois après, paf, paye ta déprime, et vas-y que je me lamente, et vas-y que je me prends des polentes histoire de rigoler un peu… Mais tu te marres pas trop, du coup, t’as plus tendance à chialer et à faire chier tes potes. Ca va cinq minutes, le bureau des pleurs, alors du coup, hop, tu relèves la tête, tu fais semblant que ça va bien, même si le soir t’arrives pas trop à pioncer. Pis à force de faire semblant, le temps passe, avec sa grosse gomme bien baveuse. Du coup, ça va vraiment mieux. Pis t’as des potos, du taff, il fait beau, tu vis, merde, ça avance, quoi.

Sauf que la gomme du temps, mon gars, j’te l’ai dit, elle est baveuse. Et elle fait pas dans le détail. Du coup, certains trucs restent. Ca peut être du tout bon comme du vraiment naze, ça dépend. Pour le coup, le bon s’est barré, des trucs bien lourdingues sont restés, et le sentiment général, c’est celui du manque.

Le vide, le gros, le noir, tu sais, celui que tu sais qu’il t’attend, le néant, l’impression d’être creux et de servir à rien. De plus avoir aucun but, aucune motivation, aucun objectif. Le sentiment d’être en vie sans savoir pourquoi, sans exister, sans être défini, quelque chose de plat, d’ennuyeux et long. Court, long et terrifiant.

Là, où j’en suis, c’est à nouveau le creux. Le temps passe, les choses se passent, moi, je reste, je bouge pas, à peine, c’est l’entropie, je me dégénère, et le temps me coule dessus comme l’eau sale d’une canalisation pourrie. J’avance pas, je recule pas, je glande, je pourris sur place dans le marasme de mes souvenirs à la con sans réussir à aller de l’avant.

Et toujours ce putain de vide qui ronge, et qui va un jour finir par sortir pour me bouffer tout entier de l’extérieur.

Il y a du manque. J’ai envie de. Mais je sais même plus de quoi.

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17 janvier 2010

L'Eau, la forêt et la plaine.

Plic.

Ploc.

La pluie tombe lentement, lourdement sur la mer. Aucun bruit, si ce n’est l’écho d’un vague tonnerre, dans le lointain.

De temps en temps, on voit là la nageoire d’un Léviathan crever la surface, là, les yeux globuleux d’un homme-poisson scruter aveuglément les cieux.

Plouf.

Une rame crève la surface. Le Léviathan s’enfonce lentement dans les profondeurs et l’homme-poisson se cache sous son rocher.

Plouf.

L’homme, sur sa barque, avance, tranquillement, méthodiquement. La pluie s’arrête doucement de tomber. La mer se fait d’huile, les cieux s’ouvrent sur le noir de la nuit. Calmement, l’homme pose ses rames et se lève. Plus rien ne bouge. La mer s’étend à perte de vue, noire et froide. Les cieux, abandonnés par les nuages, couronnent le monde, d’un bout à l’autre, noirs et froids.

 

« Il est temps ! » tonne la voix de l’homme.

La mer frémit et s’agite en ondulations concentriques. Les cieux tremblent, mince vibration à peine perceptible.

La mer hésite. L’homme s’agite.

 

« Il est temps ! »

 

La mer ondule en vagues titanesques. Les cieux vibrent, fragiles, à l’image de leur reflet aqueux.

Lors la mer se retire dans ses cavernes et ses fosses secrètes. Elle cache sa masse dans les profondeurs, apeurée, écrasante, laissant à nu les roches de la terre jadis engloutie.

Les cieux s’élèvent en crainte, et se font prercer par les étoiles, qui déversent leur pâle et cruelle lueur sur le monde.

La barque de l’homme se pose sur une roche, surplombant le charnier qui se dévoile. Léviathans agonisants, Krakens écrasés par leur propre masse, hommes-poisson suffocants. Les enfants de la mer gisent, morts ou peu s’en faut, sur le sol de la terre jadis berceau de l’Eau.

L’homme descend de sa barque et s’avance vers la mer que l’on devinr encore dans le lointain. L’homme lève son poing. Le Soleil perce l’horizon, et fait encore reculer la mer.

Alors de l’horizon viennent les semblables de l’Homme, hommes et femmes tous réunis. Ils avancent à la suite de l’Homme, faisant naître l’herbe verte sous leurs pieds, nourrie par les cadavres des enfants de la mer.

Le bois de la barque se déploie, s’enfonce dans le sol maintenant fertile. Des arbres poussent et commencent à disputer l’espace à la plaine.

Les hommes avancent, entreprenant leurs affaires à la suite de l’Homme. Le Soleil est à son zénith. Lorsqu’il ne sera plus qu’un souvenir, au cœur de la nuit froide, on verra les barghests, les vampires et les loups-garous revenir furtivement hanter la plaine, et les dryades, sylvains et elfes retourner au cœur de la forêt. La mer, meurtrie, attend, retirée des affaires du monde, régénérant ses enfants en son sein.

La terre nouvellement émergée vit, disputée par les hommes et ceux de la plaine et de la forêt.

La mer séculaire, elle, attend.

La roue a tourné.

Et le cycle recommencera.

Son heure reviendra.

Et comme à chaque fois, elle reviendra, plus forte.

Encore et encore.

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11 janvier 2010

Plaine, forêt, eau.

La nuit, noire, lourde, se penche sur le monde.
D’un côté, la plaine. De l’autre, la forêt. L’eau, indifférente, reste au loin, patiente, millénaire, observatrice.
La ténèbre s’étend peu à peu, tuant le soleil sous ses sombres assauts. Des lueurs s’allument dans la forêt, discrètes, tandis qu’un long hurlement, précurseur, se fait entendre sur la plaine. La mer se retient de ne serait-ce que clapoter. Un sentiment d’attente.

Puis le premier loup-garou s’en vient sur la plaine. Il n’est pas seul, et bientôt, il se voit agacé par des vampires, tandis que passent autour de lui barghests, cerbères, drakes et spectres. Les lueurs de la forêt se font plus nombreuses, et l’on peut lors apercevoir les elfes, les dryades, les centaures, les sylvains et les fées. Les émissaires de l’eau restent dans les froides profondeurs, en attente, patients, gluants et visqueux.

Les deux armées se rencontrent, un peu sur la plaine, un peu dans la forêt. C’est un déferlement de violence, un chaos de bruit, de sons, de mouvement, des éclairs, du sang, beaucoup, et l’odeur de la mort. Là, un loup-garou éventre un elfe, répandant ses entrailles sur le sol à la faveur d’une lune jaune et malade. Là, un elfe décoche une flèche mortelle sur un cerbère aux prises avec un centaure. La bataille est rude, incroyablement violente, éclaboussements de sang et de viscères, et par-dessus tout l’odeur de la mort et celle, âcre et cuivrée, du sang qui coule en une rivière, qui serpente lentement jusqu’à la mer.
L’eau boit, le sang et les âmes des morts, et nourrit ses enfants qui baignent en son sein. Léviathans, krakens et requins démoniaques se repaissent des morts.

Le fleuve de sang s’élargit, Styx au flot tumultueux, charriant des caillots de sang, là un bras, là une tête à moitié dévorée. Les elfes lancent encore un ou deux traits par-dessus le gouffre qui se crée, les vampires volent au-dessus de l’abîme, mais la bataille touche à sa fin. Les sylvains referment de leurs branches séculaires la forêt, et les monstres de la plaine s’abiment dans le lointain.

Le Styx coule maintenant, large, vers la mer. Son lit est profond et violent, tout comme l’a été la bataille. L’eau boit, et se nourrit, patiente. Elle a tout son temps. Viendra un jour où plaine et forêt seront affaiblis. Viendra un jour où tous ses enfants seront développés et forts. Alors, la mer se lèvera, tumultueuse, immense et glacée, balayant les terres, renversant les arbres. Elle noiera le monde, nourrissant ses enfants des créatures qui respirent de l’air.

Les deux mondes seront alors réunis. La plaine et la forêt seront englouties, tels un charnier, terreau pour les enfants de la mer abyssale. En attendant, la mer attend.

Et elle boit le sang de la terre.

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28 décembre 2009

Et je cours...

J’ai beau courir, je n’arrive pas à les rattraper. Elles courent, devant moi, virevoltantes, riantes, éblouissantes, fraîches comme la rosée un matin de printemps. Et moi, je cours derrière, à en perdre haleine, à en perdre la vue, mais je vois toujours leur image, gravée au fer dans mon cerveau.

Elles, elles gambadent gaiement, cueillant de-ci de-là un coquelicot, un fruit, sans s’arrêter, avec grâce et légèreté. Et moi, je piétine derrière, j’écrase l’herbe de mon pas lourd, et le vent fait écho à mon souffle manquant.

De temps en temps, j’arrive à proximité de l’une d’entre elles. Elle me prend par la main, elle me sourit, et le soleil brille un peu plus fort. Nous faisons une pause dans notre course. Je l’élance, elle m’embrasse, et l’été arrive, fort et chaud, brûlant comme notre passion. Mais son regard me transperce. Je la vois qui hésite, puis son sourire tombe. Elle se remet à courir, éperdue, alors que les feuilles tombent autour de moi, du beau rouge de l’automne, rouge comme mon cœur qui saigne.

Alors je recommence à courir. Quelque fois, j’en croise une, sur ma route, avec un autre, ils sont étendus sur la prairie du printemps, heureux. Elle ne me regarde pas. Une autre fois, j’en revois une courir, dans une autre direction que la mienne. Elle ne souhaite plus courir devant moi. Je souffle et je continue.

Je m’arrête à nouveau, le printemps est là. Je la tiens par la main, elle sourit. Mais moi, je ne souris pas trop. Je la regarde, comme d’autres ont pu me regarder. Je lui lâche la main, et c’est moi, qui cours, loin d’elle. Les pommes qu’elle tenait se sont transformées en cailloux qu’elle me lance dans un cri de rage. Parfois, j’en revois une, comme ça, avec des pierres ou des fleurs, qui revient vers moi. Mais je cours plus vite, devant, et je les distance.

 

Je cours encore, maintenant. Mais il n’y a plus personne devant moi. Je cours tout seul, sur la prairie des saisons, en regardant défiler autour de moi le ballet du printemps, de l’été, de l’automne et de l’hiver. Parfois, j’entr’aperçois un fantôme blond, ou un reflet brun, dans l’eau d’un étang ou sur une feuille d’arbre couverte de rosée. Mais ce n’est qu’un reflet illusoire, je me noie dans l’étang et je m’étouffe avec ma feuille. Je cours seul. Les saisons défilent. La plaine s’enfuit, éternelle, sous mes pas.

Je ne pourchasse plus personne, malheureusement. Je ne sais même plus pourquoi je cours. Mais j’ai toujours l’espoir, qu’après cet arbre, qu’après ce lac, il y ait…

~

Écrit en dix minutes. Bonnes fêtes de fin d'année à tous.

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05 novembre 2009

Nouvelle sur le thème de l'infidélité.

Le réveil me cogne sur les oreilles, trop tôt. Je lance ma paluche en grommelant pour l’éteindre. Sensation de vide de manque. Gwladys n’est pas là. Juste un bout de papier. Merde !

Je jacte la couverture, et ramasse le bout de carton, fébrile, que je plie dans ma nervosité.

 

«  Je t’ai préparé ton petit déjeuner mon chéri. Passe une bonne journée ! Je t’aime ! »

 

Putain. J’ai eu le trouillomètre à zéro. Je me laisse retomber sur le lit, les oreilles toujours frappées par le ronron du réveil. Je donne un coup de patte pour l’éteindre, je vire du pieu, vais pisser, enfile un froc et je suis l’odeur de café jusqu’à la cuisine.

Elle est vraiment adorable, cette petite. Je trempe ma tartine dans le café en ruminant. Quel con ! Je termine, fourre le sale dans l’évier en promettant (haha) de faire la vaisselle un jour, et je fonce au turbin.

Je mouline sec sur le vélo pour pas être à la bourre. Pas la peine, finalement, le camion est pas encore arrivé.

Je pose la machine à roues à côté du casier, et je sors fumer une clope et jacter avec les collègues. Ca tourne autour du boulot. Normal, pour des facteurs.

Le camion arrive. J’aplatis la clope sous mes écrase merdes et je vais bosser. Bon, ça va, il dégueule pas, aujourd’hui, le pépère. Poignée de mains au conducteur. Brave type.

Tout le monde trie, presque sans bruit. Je rumine dans les boyaux de ma tête. Fin du tri, je décase, et j’attaque le découpage sur ma position. Découpage… Il m’a toujours fait marré, ce mot, tiens, « découpage », comme si tu tranchais en morceau ta tournée, ton patelin, les gens… Comme si tout le monde était juste tout seul, un petit bout de machin isolé, perdu, sans lien avec le reste. Conneries. Si tel était le cas, on servirait à quoi, à part à rappeler aux gens leur solitude ?

Machinalement, j’ai les pognes qui trient, mécaniquement. Les yeux lisent. Les adresses, c’est des codes-barres. Mécaniquement. Ca avance.

La main se fige, d’un coup. Les yeux ont lu quelque chose, et le cerveau a percuté direct : c’est elle. J’ai le cœur qui s’emballe, bat, vibre. Je continue mon tri. Mécaniquement.

Fin du découpage (haha.) Je décase mon courrier, je range, je fourre tout dans des caisses, direction le garage, où je nourris ma caisse. Je jette un regard torve à la pub. Demain.

Clé dans le contact, le moteur crache, zou, je fonce. Le courrier à portée d’yeux et des mains, je distribue courrier et sourires. Oui, merci, je vais bien, madame Herblain. Non, monsieur Guerci, pas de blanc aujourd’hui, je vous remercie. Bonjour, mademoiselle Gyre.

 

« Salut beau mec. »

 

Je suis planté comme un con avec mes trois lettres à la main. Cécile me regarde, m’avale des yeux, me croque tout cru d’un seul et magnifique embrasement du regard. Je ne réponds pas. Ca fricote dans les boyaux du crâne, ça tourne, ça vire, ça frotte, et ça fait monter la sève dans le corps. J’ai des bras de plombs et une boule au ventre.

 

« Tu prends un petit café ? »

 

Sourire charmeur. Je hausse les lèvres en retour. Tentative de sourire. J’acquiesce doucement, « oui », en entrant dans la maison.

 

~

 

J’entre, je reprends en main mon corps. Giclée d’adrénaline. Giclée d’hormones. Ca gonfle, là-dessous. Je suis Cécile dans le salon, les tasses sont déjà là. Elle m’invite à m’asseoir, ce que je fais. Elle revient avec une cafetière, me sert, pose la cafetière sur la table, croise et décroise sans cesse ses longues jambes. Sympa, la minijupe. Putain. Pas de dialogue, rien. Des sourires, mutins, hésitants. Elle me regarde, toujours, de ce regard puissant, embrasé, dans lequel je me noie. Je reste un peu nerveux. Toujours nerveux. Elle décroise encore les jambes. J’aperçois sa culotte. Flash. J’imagine Gwladys, riant aux éclats, main dans ma pogne, sous le soleil. Merde.

Cécile a dû le sentir. Elle se lève, lentement, délibérément. Je mange son corps du regard, noué d’anticipation et d’angoisse. Puis elle s’approche, me plaque au canapé, m’enfourche et m’embrasse, violemment, fourrant sa langue joueuse au fond de mes muqueuse, fais trois tours, me sonde du regard, puis replonge dans mes lèvres.

Explosion de sensations. Je ne me contrôle plus.

Je la saisis sous les jambes, et me lève, brusquement, renversant le pouf posé à mes pieds. Elle crie, et ça m’excite, putain, j’ai une érection trop grosse pour moi. Je plonge la tête entre ses seins, chauds, couverts par son haut, et elle se cramponne à ma tête, se serre, se presse, m’attise, alors que je suis machinalement le chemin de la chambre.

C’est violent, bestial, animal. Je la balance sur le lit, elle rebondit, une fois, et je suis sur elle. Je l’embrasse à pleine bouche, je lèche, je lape, mes mains explorent, fouillent, se baladent, touchent, palpent, tâtent. Elle fait de même. J’ai une barre de fer dans le pantalon, rempli à craquer. J’arrache ma chemise, mon tee-shirt, pendant qu’elle déboucle ma ceinture.

Nous haletons, tous les deux, les cœurs cognent, excités, au diapason, les phéromones fluent dans l’air, vivaces, prégnantes, elles nous imbibent, nous lancent. Je suis en caleçon, et gémit lorsque sa main masse mon vît. Putain que c’est bon ! Fébrile, je la redresse alors qu’elle me palpe et m’embrasse le torse, j’enlève son haut, mon cœur manque un battement à la vue du soutien-gorge, que j’enlève d’une pichenette. Je prends ses seins dans ma main, comme une offrande, tandis qu’elle continue à me caresser l’en-bas. Je fourre ma tête dans son 95C, je lèche, je titille, je m’abreuve à ces deux mamelles pleines, entières, tellement désirables…

Je la sens, soudain, qui descend, embrasse mon torse, mon ventre, mon… Explosion de sensations. Ca pulse, ça vibre, elle m’avale, me goûte, me teste, et je gémis, survolté, électrifié. Mon caleçon tombe vite. Je n’en peux plus. Je lui relève la tête, l’embrasse. Elle sourit doucement, s’allonge, s’offre à mon regard. Elle joue, avec moi, elle se montre, se cache des mains, ôte lentement le bas… Je me jette sur elle, pour la dévorer, pour lécher, pour embrasser ces lèvres humides au goût subtil, je lèche, lape, suce, explore de ma langue, elle se tortille, me caresse le crâne…

Un gémissement. « Viens… »

Je me redresse, elle m’empoigne à nouveau me guide, et je la prends, sauvagement, violemment, elle crie, se tortille, hurle, me griffe, gémit glisse, bouge, le lit tremble, nous voltons tous les deux, imbriqués, une seule bête, ahanante, suante, remuante. Je perds le sens du temps, je me perds en elle, purement physique, purement centré, concentré, surcentré sur le moment présent, le moment que je vis, mon vît… Un gémissement, encore…

J’explose à nouveau, je jouis intensément, puissamment, je me déverse en elle, elle se cambre, se plaque à moi, me plaque au lit, m’embrasse, me parcours, me caresse. Puis, lentement, elle glisse sur le côté, rouge, le souffle court. Retombée des sens. Elle sourit, me tortille les cheveux. Nous ne disons toujours rien. Elle sait combien j’ai aimé. Je devine qu’elle aussi a apprécié. Je plaque un sourire sur mon visage.

Je pense. Les pensées se sont rallumées, le bouillon du cerveau est en ébullition, à nouveau. La sueur se fige sur mon cœur. Je me glace. Les boyaux à pensées turbinent à Gwladys. Putain. Mais quel con !

 

Je regarde Cécile, je la détaille, la lit. Elle est superbe. Magnifique. Et moi, je suis là, glacé, à me traiter de con, alors que mon sperme se fige sur son ventre, et que mes sentiments se mêlent en une boule de vrac qui pulse et qui blesse.

 

« Je dois y aller. » Je me redresse et m’habille, silencieusement. Elle me regarde en souriant. Elle ne dit rien, vêtue de sa seule nudité, belle, tellement désirable…

Mais je n’éprouve rien. Juste des sensations physiques, la vibration de la chair, la pulsation de ma bite, l’ordre clair de mon cerveau, de ma queue, « BAISE ! »

Et j’ai baisé. Encore. Comme un con. J’ai encore écouté que ma queue.

Et dire que je suis amoureux… Que j’ai autre chose qui bat et qui vibre, mon cœur, cette espèce de muscle atrophié qui a de temps en temps un sursaut de vitalité quand je suis avec Gwladys.

On dit que la chair est faible. C’est faux. Elle est forte, très forte, et le cœur se comprime, se ramasse, ne pulse plus que du sang et garde pour lui les sentiments. Ils se figent, tous seuls, enclastrés, ne s’expriment plus qu’avec timidité. Mon pauvre Amour n’est rien comparé à la pulsation tectonique de mon appétence sexuelle.

Et pourtant Dieu sait que ma Gwladys m’attire ! Et c’est là, dans le moment de faute, après la tromperie, quand la bite se rétracte et que la jute se refroidit que l’Amour revient, moins timide, chaud, brûlant, caustique, critique, tellement avilissant, paradoxalement, il me torpille, m’accuse, me renvoie mon image de salaud, de faible, de lâche…

 

Cécile me regarde, la main nonchalamment posée sur son corps. J’ai un sursaut et je me reprends à bander, coupable, en la regardant, ouverte, chaude, accueillante, prête à être encore sautée. Elle sait le remords qui me ronge, les tourments qui m’enlacent et me percent, et elle en joue, elle en jouit, elle jouit de me savoir coupable, sale, elle jouit de ma déchéance autant que de mon corps, de son ascendant sur moi, sur mon corps et in extenso sur mon âme. Elle baise mon corps et viole mon cœur.

Mes sentiments se retirent à nouveau, affligés, désespérés. Je retourne vers Cécile et m’agenouille pour lui lécher la vulve.

 

Ce soir, je rentrerai chez moi, chez nous, chez Gwladys. Je lui dirai que je l’aime. Que j’ai passé une journée ordinaire, calme, que je suis allé courir après le boulot. Je lui ferai l’amour. Et j’aurai dans la tête l’image de Cécile. Mes sentiments s’écorchent. Je me promettrai de ne plus recommencer. D’être fidèle. De croire, de faire vivre, fructifier, prospérer ce sentiment d’amour que je ressens, de plus en plus faible, mais si vital, si unique, si vivant, brillant… Ce sentiment dont j’ai besoin…

 

Mais je sais que je retournerai voir Cécile. Elle tient ma queue en laisse et muselle mon âme. La chair est forte. Elle m’a vaincu, a noué mon cœur, qui crie de moins en moins fort contre mes côtes. Je me vide, n’éprouve plus que de moins en moins. Je ne me sens vivant qu’en baisant. Cécile. Elle le sait.

Et je sais que je ne l’aurai pour moi que tant que je serai avec Gwladys. Cette chienne ne prend son pied que dans la tromperie. Si je quitte Gwladys, je perds Cécile. Je le sais.

Et je n’ai plus le choix que de vivre dans cette parodie de vie, cette tromperie, dominée par ma chair, rejeté par mon cœur… Je n’ai pas le choix…

~

Et ben, ça a viré au sexe sans que je m'en rende compte! Ce sont vraiment les histoire qui nous façonnent... Je suis plutôt sceptique sur mon écrit, il me semble un peu bancal, trop et pas assez poussé, décrit, trop changeant et trop statique, tout en paradoxes, bizarrement...

Donnez moi votre avis, je vous pris!

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04 novembre 2009

BOUGE BOUGE BOUGE!

Agite, bouge et remue. BOUGE TOI LE CUL, BORDEL ! Décarre ton gros derche du canapé, gicle de devant la téloche, explose la à coups de barre de fer, plus de sangsue télévisuelle, de machine à déposer du tout fait et du prémâche dans ton crâne formaté.

PENSE ! REFLECHIS ! Observe ! Compare ! Critique ! Arrête de fixer ton opinion sur celle des autres ! Pas de « je connais quelqu’un qui… » Dis « JE » ! Crie-le ! Eprouve-le, sens-le, vis-le, bordel de merde, tu es, quelqu’un, une unité, un devenir, un être, agite-toi le bocal, pêche les idées qui caracolent, et montre-les, exhibe-les, confronte-les, BATS-TOI POUR ELLES ! FAIS LES VIVRE !

N’aie pas peur des autres ! Va vers eux ! Montre leur ce que tu es, ce que tu vis, tes idées, sors-les, n’aie pas peur, compare, affronte, confronte, réunis, assimile, écoute, découle, enseigne, apprends !

Bouge bouge bouge et bouge encore ! Expérimente ! Frotte-toi au monde, éprouve-le, abrase le, tire-en le suc, de la matière à penser, du carburant pour ta turbine cérébrale !

Arrête la norme, arrête le « je dois », dis « je veux », assume, assouvis, vis, ressens ! Réinvente-toi, repense toi, pense, tout simplement, cherche, innove, nove, sors du cadre, crée ton cadre, brise le, zigzague, bouge bouge et bouge, impulse, fuse, fluxe, imagine, imagine et produit et confronte et assimile !

 

FAIS QUELQUE CHOSE ! Montre au monde que tu es là ! Accepte les autres ! Tu n’es pas seul, mais tu n’es pas insignifiant ! Saisis l’instant, croque le, ris, pleure, crie, hurle, parle, crache, mets-toi en colère, RESSENS !

TU ES EN VIE ! FAIS-EN QUELQUE CHOSE !

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Alain Damasio - La Zone du Dehors

la_zone_du_dehors

Voilà, je viens de terminer la Zone du Dehors, d'Alain Damasio, et le moins que je puisse dire, c'est que ce bouquin m'aura marqué, disjoncté, fait penser, réacter, bref, il m'a laissé une trace.

Si vous êtes de droite, vous allez pas aimer. Du tout. Si vous êtes un tant soit peu ouvert, c'est pour vous. Ca fait du bien, ça rafraîchis, c'est un peu d'air pur, du dur, du réfléchis, qui fait mouliner des boyaux de la tête, ça interpelle. Et le style... C'est magnifiquement bien écrit, construit, inventé, maîtrisé, modulé. Damasio joue avec le langage avec un brio incomparable, vraiment, il varie les styles selon les protagonistes. C'est un peu fouilli, des fois, entre les Voltés, ça s'emmèle et ça se croise, mais ça force à l'attention, et on finit par reconnaître les protagos à la verve.

Je vais me perdre à faire l'éloge de ce bouquin. Lisez le. Cogitez. Et bougez.

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02 novembre 2009

Diahrrée verbale

J'ai envie d'écrire. De raconter des trucs.
Quoi, je ne sais pas. Juste de laisser couler les mots et les idées dans un flux et un reflux de pensées et d'émotions, de chier des pensées, des motifs d'émotions, de la parlotte, tout, des sentiments, quelque chose.
J'ai envie de faire des trucs et envie de rien faire du tout. J'ai de la motivation, d'un coup, puis je n'ai plus rien l'instant d'après. Je suis une espèce d'oscilloscope déréglé qui zigzague dans tous les sens, un lunatique errant qui est trop fixé mais qui ne sait pas à quoi.
Je ne sais pas ce que je veux, ce que j'attends, je doute, je questionne, mais je ne cherche pas les réponses, je fuis, je réfléchis, je tourne en rond, je brille, je m'éteins, je ne me suis plus, dans mon être et dans mon âme.

J'ai l'impression d'être un étranger, je ne m'invente plus, je suis sans surprises, j'ai l'impression d'avoir évolué sans moi, sans m'en rendre compte. Je ne sais pas qui je suis, je n'arrive pas à me suivre, ou alors je vais trop loin et mon corps est en décalage avec le temps de mon cerveau.

J'ai peur de moi, du futur, je ne sais pas ce que je vais faire, j'ai peur pour le monde, de tout ce qu'il y a de pourri autour de moi, de ce que j'ai de pourri en moi, de la faiblesse des lueurs dans les ténèbres.

J'ai peur du noir, de la mort, du temps qui passe, qui passe trop vite, des bons moments que l'on rate, des bonnes choses trop vite passées, des séquelles et des traumatismes trop présents et trop facile à se souvenir.

J'ai envie de bouger, de vivre, de ressentir, de crier, de gueuler des mots, de secouer des gens, de bouger tout, d'impulser un mouvement, quelque chose, de faire, de créer, mais pas dans le vide.
J'ai envie de servir à quelque chose, pour quelqu'un, pour plusieurs gens, j'ai envie d'être quelqu'un de bien, de briller qu'on me fasse confiance.

Je veux ressentir, faire l'amour, vivre, embrasser, rire, sourire, pleurer, trembler, me crever, courir, bouger bouger bouger, toujours être en mouvement, un flux, une impulsion, je veux être quelque chose qui donne envie, qui fait bouger, qui motive, un électron, surexcité et qui excite, qui fait bouger, qui mue, qui transmue, qui électrise, qui fait naître.

Je veux m'enivrer de la vie, ressentir la vie par tout, partout, tout le temps, tant que j'en ai le temps, arrêter de penser, parfois, juste ressentir, dans l'instant, penser pour le futur, penser aux autres, être là, être dans le monde, m'intégrer, survoler, être.

Je suis un chaudron, un creuset de pensées, d'émotions, et je suis renfermé, cloîtré, dans moi, je veux hurler, m'exprimer, mais je ne sais pas quoi crier, comment hurler, comment communiquer, transmettre.

Je veux je veux je veux, je ressens, je sens, je flue et je reflue, je suis la caresse d'une vague sur une plage, le reflet de la lune dans l'eau, mais je veux être la plage, être la lune, être la lune et son reflet.

Je ne sais pas ce que je dis. Je crois que je suis fou. Je bouillonne, j'éructe, je vomis des pensées, des mots, des émotions, je je je je
Ca explose, ça veut sortir. Je crache ma gouaille comme je peux. Ca sort.
Ca fait du bien.

C'est vraiment n'importe quoi.

Pourquoi s'exprimer de façon intelligible?

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